YVES DUVAL
Technique

Comment réaliser une photo panoramique par assemblage ?


1 - Le matériel

Comme je l'ai dit précédemment, l'intérêt numéro 1 de la méthode par assemblage est de pouvoir utiliser n'importe quel appareil photo et objectif. Numérique ou argentique, compact ou reflex, grand angle ou téléobjectif, il n'y a aucune limite.

A ce matériel de base, le photographe soucieux d'améliorer la qualité de son travail ajoutera quelques accessoires : un trépied pour assurer sa stabilité lors des prises de vue, une rotule panoramique pour que la rotation de l'appareil photo ne crée pas de distorsions dans les zones de recouvrement.

Un logiciel, enfin, pour assembler le panoramique. De nombreux produits existent sur le marché pour lesquels vous trouverez commentaires et comparatifs sur internet. J'ai personnellement choisit l'application Autopano de l'éditeur français Kolor pour la simplicité de l'interface et la puissance de ses traitements de fusion.


2 - La prise de vue

C'est une étape déterminante pour la qualité du résultat. Plusieurs paramètres méritent une grande attention.

2.1 - La composition

Le plus difficile certainement puisque l'on ne visualise pas l'image finale sur place. Il faut la construire mentalement puis photographier les X clichés qui la composent. Cet exercice doit être abordé avec beaucoup d'humilité !

Afin de me faciliter la tâche, j'ai prédéfini pour plusieurs focales, le nombre de photos nécessaires pour obtenir un panoramique au rapport 3x1. Par exemple, avec une focale de 28 mm et compte tenu de l'angle de rotation de ma rotule panoramique, je sais que X photos en format portrait seront nécessaires. Je peux ainsi balayer avec mon appareil la scène qui figurera exactement sur mon image finale.

2.2 - Le déclenchement

Cette étape est déterminante si l'on veut obtenir un travail de qualité. Comme toujours en photographie, c'est sur le terrain que l'on réussit ou que l'on rate ses photos. Les compromis réalisés à ce moment se retrouveront d'une manière ou d'une autre sur l'image finale.

- Maîtriser la rotation de l'appareil : lors des premières tentatives, le panoramiste débutant se fige sur place puis mitraille tout autour de lui. Les pieds bien ancrés dans le sol pour ne pas bouger. En procédant ainsi, il fait exactement l'inverse de ce qu'il devrait. C'est l'appareil photo qui doit pivoter autour d'un axe fixe et non le photographe !
Si une certaine tolérance est acceptable pour un panoramique dénué de premier plan marqué, il est absolument nécessaire de respecter cette règle pour les photos présentant une succession de plans. Faute de quoi, les petits écarts de perspectives empêcheront le bon recouvrement des clichés et produiront des zones de floue sur le panoramique assemblé.
L'autre écueil classique lors d'un déclenchement à main levée est le non respect de l'horizontalité. Un petit décalage vers le haut ou le bas d'une photo et c'est tout le panoramique qui doit être recadré, un abaissement minime d'une photo à l'autre, parce que l'on a suivi par mégarde le dénivelé du terrain et le panoramique pique du nez. Dans le meilleur des cas, un recadrage permet de sauver la situation. Mais si le défaut est trop marqué, votre panoramique est irrémédiablement perdu.

Pour toutes ces raisons, l'utilisation du trépied et de la tête panoramique s'impose rapidement. Ces deux accessoires vous économiseront des heures de travail devant votre ordinateur.

- Surveiller l'exposition et la balance des blancs : le panoramiste peut adopter deux attitudes : soit il laisse travailler son appareil en mode automatique, soit il contrôle lui-même la vitesse et l'ouverture.

Dans le premier cas, chaque cliché recevra une exposition et une balance des blancs spécifiques et, à priori, optimales. D'une photo à l'autre les réglages seront parfois très éloignés. Si le soleil ou toute autre source de lumière entre dans le champ, par exemple, l'exposition en sera fortement perturbée. Un post-traitement des fichiers avant assemblage pourra souvent compenser ces écarts mais certains cas extrêmes ne donneront pas un résultat satisfaisant.
La photo ci-dessous illustre l'impact sur le panoramique assemblé.

exposition panoramique

Il est donc parfois préférable de basculer en mode manuel et de choisir ses propres réglages dans le cas de scènes fortement contrastées.

- Bloquer la mise au point : si l'appareil le permet, il est préférable de définir la mise au point sur le sujet principal du panoramique puis de la figer pour l'ensemble de la séquence. Un changement de mise au point entre deux photos ne pourra être rattrapé par le logiciel d'assemblage.

3 - Le post traitement

Cette dernière étape, réalisée confortablement chez soi, valide les efforts lors de la prise de vue et donne, parfois, la satisfaction d'un panoramique réussi.

3.1 - La préparation des fichiers à assembler

Avant d'aborder la phase d'assemblage, il me paraît important de souligner encore une fois l'importance du travail en amont. Il est beaucoup plus facile d'obtenir un panoramique réussi en utilisant de bons fichiers, qu'en comptant uniquement sur les prouesses de la technique. Par "bons fichiers", j'entends des photos qui ont subit un minimum de retraitements (contrôle de la luminosité, homogénéité de la balance des blancs, correction des aberrations chromatiques et du vignettage ...).

3.2 - L'assemblage

Une fois les photos prêtes, le logiciel d'assemblage prend le relais.

Cette dernière étape ouvre un vaste espace de créativité. De nombreuses options permettent de jouer avec le panoramique comme, par exemple, le type de projection utilisée (rectilinéaire, cylindrique, sphérique...). Une bonne connaissance du logiciel d'assemblage est nécessaire pour pouvoir explorer toutes les potentialités de ce format.

Compte tenu de la diversité des logiciels d'assemblage, je ne rentrerai pas plus dans le détail.

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